Meurtre gratuit d’Ali à Athis-Mons : le destin brisé de Kamel, l’étudiant embarqué dans la violence des bandes
Moins d’un mois après le meurtre d’Ali, un seul suspect est sous les verrous. Kamel, un étudiant de 19 ans, s’est constitué prisonnier. Il assure qu’il n’a fait que conduire les autres à Athis-Mons mais qu’il ne savait pas ce qu’ils préparaient.
Dans le box de la chambre de l’instruction de Paris, Kamel, queue-de-cheval et physique un peu rond, est tout juste sorti de l’adolescence. À 19 ans, cet élève de BTS est le seul à être incarcéré et mis en examen dans cette terrible affaire de meurtre instruite par un juge d’instruction d’Évry (Essonne). Il est soupçonné d’être le complice du meurtre d’Ali, 22 ans, survenu le 9 décembre 2025 du côté d’Athis-Mons (Essonne). Lundi 6 janvier, il a demandé sans succès sa remise en liberté devant la cour d’appel, assurant qu’il avait été manipulé par ses connaissances.
La victime touchée à l’artère fémorale
Ce garçon s’est constitué prisonnier dans les locaux de la brigade criminelle de Versailles (Yvelines) le 12 décembre. Il aurait conduit la voiture qui transportait le ou les tueurs présumés. Déjà condamné, alors qu’il était mineur, pour des violences en réunion, il s’est présenté aux enquêteurs avec un téléphone dans lequel il avait effacé toutes les traces de ses échanges avec ses connaissances de Juvisy. En plus de ses études, le jeune Kamel travaille.
Les témoins racontent qu’une Kia Sportage est arrivée peu avant le drame dans le quartier. Quatre garçons en sont sortis et se sont jetés sur le premier passant venu avant de le poignarder. « Ce jeune homme s’est vidé de son sang sur la voie publique, explique l’avocat général. Ce garçon ne savait même pas pourquoi il a été agressé. Il n’a aucun lien avec les rivalités de quartier, il avait juste le tort d’habiter à la mauvaise adresse. Cette année, il y a déjà eu trois morts dans le cadre de cette guerre des bandes… »
Les autres suspects en cavale après la mort d’Ali
Les premières investigations montrent que cette agression était un match retour après une première bagarre survenue entre bandes de Juvisy et d’Athis au même endroit dans la matinée.
Au cours des auditions devant les policiers et le juge d’instruction, Kamel assure qu’il a été sollicité dans son quartier pour se rendre sur les lieux de l’embrouille. Il soutient qu’il ne savait rien du projet des quatre hommes qui sont montés dans sa voiture — en fait celle du travail de son père. Il ne savait pas non plus, dit-il, que l’un d’eux était armé d’un couteau et n’a même pas vu qui a frappé car la scène a été très rapide.
« Tout s’est vraiment passé trop vite », confirme son avocate, Me Sandrine Pegand. Et le conseil d’ajouter que la place de son client n’est pas en prison. « Il n’avait aucune intention criminelle. Il n’est ni le meneur, ni l’organisateur. C’est juste le seul à avoir le permis de conduire et il était au volant de la voiture de son père. Devait-il se rebeller quand ces hommes se sont jetés sur ce garçon ? »
Me Pegand rappelle que Kamel est bien seul dans cette procédure car « quand les autres ont appris le décès de la victime, ils sont tous partis en cavale ». L’étudiant, lui, s’est confié à ses proches avant de décider, avec l’aide de son conseil, de se rendre aux autorités.
Par Julien Constant
Le 8 janvier 2026 à 08h00


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